Accordéon - Maugin
Numéro d'inventaire
018.30.1
Acquisition
018.30 don Quichaud
Dénomination / Titre / Désignation
Accordéon
Dénomination / Titre / Désignation
Maugin
Domaine / Discipline
Musique
Instrument
Ethnologie
Création/Exécution
Maugein
Fabricant
Tulle : Ville
Corrèze : Département
Fonction / Utilisation
Musique
Marchives Gustave, dit Tatave
Seconde Guerre Mondiale : Date d'utilisation
Matière
Métal
Cuir
Bois
Fonctionnement et contexte
Accordéon de la marque Maugein appartenant à Gustave Marchives. Fondée en 1919 à Tulle par les frères Jean, Antoine et Robert Maugein, cette entreprise française était spécialisée dans la fabrication d'accordéons diatoniques et chromatiques. Gustave Marchives pratiqua l’accordéon dès le plus jeune âge, participant à l’orchestre familial qui animait les bals. Avant son engagement dans la Marine, son père lui remit cet accordéon en précisant qu’en « fonction de ma propre expérience quand j’étais prisonnier en Allemagne, je suis en mesure de t’affirmer que cet instrument de musique t’ouvrira bien des portes et des cœurs tout en te réconfortant moralement, soigne-le bien ». Ce magnifique accordéon devint un compagnon de voyage qui le suivit tout au long de son périple.
Description
Accordéon chromatique
Mot clé
Musique
Libération
Marchives Gustave, dit Tatave
- Rien ne prédestinait Gustave Marchives à vivre une page de l’épopée de la France Libre. Fils d’un artisan sabotier et d’une mère épicière, il naquit en 1920 à Saint Laurent-de-Ceris (Charente). Après son certificat d’études, il suivit une formation de cuisinier. Son père lui offrit en juin 1939 un accordéon car son fils avait quelques talents en la matière. Mais Gustave était avant tout attiré par les voyages et les aventures, aussi s’engagea-t-il pour trois ans dans la Marine nationale. Il fut affecté à bord du croiseur léger Duguay-Trouin dans l’équipe des cuisiniers. Ses talents d’accordéoniste firent merveille. Lorsque la guerre éclata, son navire était près de Dakar et le 13 juin 1940, il mouillait au port d’Alexandrie. Une fois à terre, avec quelques matelots, ils partirent à « la pêche aux informations » pour connaître la situation en France. Ce fut dans le bar « Au Petit coin de France » qu’ils rencontrèrent des sympathisants gaullistes. Sans hésitation, Gustave Marchives choisit son camp et fut certain qu’il devait poursuivre les combats. Mais il était bien seul à bord. Ses contacts locaux lui donnèrent des tracts de l’appel du 18 juin à coller dans les coursives. En attendant le bon moment pour agir, il les cacha dans son accordéon. Enfin, au mois de novembre 1940, il déserta avec 7 jeunes gens pour rejoindre le camp gaulliste. Tous furent condamnés à mort. Commença alors une épopée maritime de l’Afrique équatoriale au Cap de Bonne Espérance en passant par les rives et les ports cosmopolites de la Méditerranée. Cette épopée fut suivie d’une autre, terrestre cette fois-ci, au sein du 1er Bataillon d’infanterie de marine, du désert de Lybie au Liban, à la Syrie et jusqu’aux frontières de l’Irak. Son parcours fut semé de combats accompagnés de bien de tristesse. La Camarde ne voulut pas de lui et six années après son départ, il retrouva les siens toujours escorté par son accordéon.
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